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13 juillet 2026

Nous sommes très doués pour nommer les comportements. Beaucoup moins pour comprendre les mécanismes qui les produisent.

Lorsque nous observons une personne, nous avons naturellement tendance à chercher une explication à ce qu’elle fait. C’est un réflexe profondément humain. Les comportements nous rassurent parce qu’ils sont visibles. Ils donnent l’impression que nous pouvons rapidement comprendre l’autre.

Ainsi, quelqu’un qui hésite sera facilement qualifié d’indécis. Celui qui remet son travail au lendemain deviendra un procrastinateur. Une personne qui change souvent d’idée sera jugée instable. Et celui qui semble ailleurs pendant une conversation sera considéré comme distrait.

Ces qualificatifs ne sont pas absurdes. Ils décrivent effectivement ce que nous voyons.

Mais décrivent-ils vraiment ce qui se passe ?

C’est une question qui a profondément transformé ma manière d’accompagner les personnes. Pendant longtemps, comme beaucoup, j’ai cherché à comprendre les comportements. Puis je me suis progressivement rendu compte que deux personnes pouvaient présenter exactement le même comportement sans que les mécanismes qui le produisent aient quoi que ce soit en commun.

Cette prise de conscience paraît anodine. Elle ne l’est pas.

Car si deux comportements identiques peuvent avoir des origines différentes, alors vouloir agir directement sur le comportement risque parfois de manquer sa cible.

Prenons une situation très simple.

Vous êtes au restaurant avec des amis. Au moment de commander, quelqu’un vous demande :

« Tu voudrais aller où la prochaine fois ? »

La personne hésite.

Quelques secondes passent.

Elle finit par répondre :

« Franchement… choisissez pour moi. »

La scène est banale. Pourtant, elle est révélatrice de notre manière de penser.

Certains y verront immédiatement un manque de confiance en soi.

D’autres parleront de timidité.

D’autres encore concluront que cette personne est distraite, incapable de prendre une décision ou qu’elle a simplement un caractère indécis.

Nous avons donné un nom au comportement.

Mais avons-nous compris ce qui l’a produit ?

Car pendant que son entourage attend simplement le nom d’un restaurant, il est tout à fait possible que cette personne soit déjà en train de réfléchir à une multitude d’autres éléments.

Elle se demande peut-être si son choix conviendra à tout le monde. Elle pense au budget de chacun. Elle se souvient qu’un des restaurants qu’elle apprécie a déjà été proposé récemment. Elle hésite à imposer son envie au groupe. Elle imagine la déception éventuelle des autres si son choix ne leur plaît pas.

À l’extérieur, nous ne voyons qu’une hésitation.

À l’intérieur, il se passe parfois beaucoup plus de choses que nous ne l’imaginons.

C’est précisément ce décalage qui m’intéresse.

Parce qu’à partir du moment où l’on cesse de considérer le comportement comme une explication, une nouvelle question apparaît :

Quel est le fonctionnement qui produit ce comportement ?

Cette question change profondément le regard.

Elle oblige à accepter qu’un comportement ne soit jamais isolé. Il s’inscrit toujours dans un ensemble beaucoup plus vaste où interagissent les émotions, les expériences passées, les croyances, les motivations, les habitudes, les apprentissages et la manière dont notre cerveau traite les informations qui lui parviennent.

C’est également dans cette perspective que la question de l’attention prend tout son sens.

Nous parlons facilement de distraction comme s’il s’agissait d’un manque d’attention. Pourtant, il arrive très souvent que l’attention soit bien présente… mais orientée ailleurs.

Pendant que la question semble simple pour son entourage, cette personne porte déjà son attention sur les conséquences de son choix, sur les réactions possibles des autres, sur les erreurs qu’elle souhaite éviter ou sur les nombreuses possibilités qui s’offrent à elle.

Autrement dit, elle ne manque pas nécessairement d’attention.

Elle est peut-être simplement attentive… à autre chose.

Cette nuance est importante.

Elle ne cherche pas à nier les difficultés que certaines personnes rencontrent. Elle invite simplement à ne pas s’arrêter trop vite au premier diagnostic venu.

Car les mots que nous utilisons façonnent notre manière d’accompagner.

Si je crois qu’une personne manque uniquement de confiance en elle, je chercherai naturellement à renforcer cette confiance.

Si je comprends que ce comportement est le résultat d’un fonctionnement plus complexe, mon accompagnement prendra probablement une toute autre direction.

Depuis plusieurs années, c’est précisément ce changement de regard qui guide mon travail.

Je ne cherche plus à corriger un comportement.

Je cherche d’abord à comprendre le fonctionnement qui lui donne naissance.

Parce que je suis convaincu que les comportements ne sont pas des défauts à effacer. Ils sont souvent les conséquences visibles de mécanismes beaucoup plus discrets.

Et lorsqu’on commence à comprendre ces mécanismes, quelque chose change profondément.

On cesse progressivement de juger.

On devient curieux.


On remplace les certitudes par des questions.

Et c’est souvent à ce moment-là que l’accompagnement commence réellement.

Mentor, coach et formateur, créateur du modèle de l’Hyper-Préfrontalité.
Mentor, coach et formateur, créateur du modèle de l’Hyper-Préfrontalité.

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